Interview BARKS

À l’issue de leur première tournée européenne depuis sept ans : « Nous, BAND-MAID, sommes plus cool que jamais »

C’est un jour de fin juin, juste après leur retour d’une tournée européenne – la première depuis sept ans –, que nous avons rencontré les membres de BAND-MAID.

« ENERGETIC », un titre qui ne manque jamais de faire danser les foules, « Days », véritable hymne qui lie les cinq membres aux « maîtres » et « demoiselles » (surnoms donnés par les fans), et « CAGE », un morceau heavy mûri depuis environ deux ans : leur dernier single, qui rassemble ces trois titres aux styles très différents, fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Mais cette fois-ci, nous tenions surtout à les interroger sur leur séjour en Europe, tant que leurs souvenirs sont encore vifs. Cela dit, la conversation a commencé par le clip de « ENERGETIC », qui semble traduire sans un mot la bonne entente qui règne au sein du groupe.

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Pour commencer, j’aimerais vous poser quelques questions sur le clip de « ENERGETIC ». La dernière minute environ est consacrée à une scène où vous jouez tous face à face ; vous avez l’air de vraiment vous amuser, j’aurais presque voulu ne regarder que cette scène.
Miku Kobato : Ce tournage était vraiment trop amusant, il y a plein d’anecdotes à raconter. On avait décidé de se faire rire les uns les autres ; par exemple, quand on filmait Saiki et moi, les trois autres faisaient tout pour nous faire rire.
Saiki : Exactement, Akane a même fait le pont sur sa batterie pour nous montrer…
Akane : On m’a un peu reproché d’en faire un peu trop (rires).

On a vraiment envie de voir les coulisses, mais y avait-il des scènes qui ne pouvaient pas être diffusées ?
Akane : Oui, beaucoup (rires).
Miku Kobato : On dirait que Kobato s’est un peu laissée influencer par l’énergie d’Akane.
Saiki : Kobato faisait rire Akane, Kanami et MISA, mais cette scène-là, c’est vraiment impossible. On ne peut la montrer à personne (rires).
Miku Kobato : On dirait qu’elle s’est un peu laissée emporter.
Akane : En voyant ça, je riais à gorge déployée. Heureusement que cette scène n’a pas été retenue ! (rires)

C’était très beau de vous voir toutes face à face, le sourire aux lèvres, mais l’arrière-plan diffère pour chaque scène de concert, n’est-ce pas ? Est-ce que cela symbolise les territoires que vous avez conquis jusqu’à présent ?
Saiki : C’est vrai. Nous avons sélectionné certains des lieux que nous avons visités au cours de nos activités, en essayant d’utiliser des décors différents pour chacun, ou encore en jouant avec en arrière-plan une reconstitution de la ville de BAND-MAID telle qu’elle était représentée sur la pochette d’« Epic Narratives ». C’est une démarche que nous avons délibérément adoptée. De plus, nous y avons abondamment intégré des éléments liés à nos clips précédents.

■ Akane, tu n’arrêtais pas de grignoter des friandises, et MISA, tu n’arrêtais pas de boire du whisky, n’est-ce pas ?
Akane : J’ai vraiment beaucoup mangé pendant ce tournage. J’étais complètement repue (rires).
MISA : Quant à moi, j’étais un peu pompette (rires). C’était du vrai whisky. Comme c’était un tournage, on a dû refaire la prise plusieurs fois, n’est-ce pas ? Au bout d’un moment, je me suis dit : « Ah, je commence peut-être à être un peu ivre » (rires).

Il y a ceux qui boivent du whisky, et ceux qui boivent du thé (comme Kanami). Et j’ai interprété cela comme signifiant que, tout en parcourant des lieux chargés de souvenirs, elles finissent par aller planter le drapeau de BAND-MAID en terre inconnue.
Saiki : C’est vrai. Au fil des activités de BAND-MAID, il y a toutes sortes de surprises agréables pour nos « maîtres » et nos « princesses », et je pense que le fait de leur faire découvrir ces moments est, d’une certaine manière, un peu comme un jeu. Le fait de raconter nous-mêmes notre histoire a aussi quelque chose d’un jeu de société, et je pense que cet esprit ludique fait partie de ce qui rend BAND-MAID si intéressant. C’est donc avec le souhait que vous gardiez toutes sortes d’attentes, y compris sur ce que deviendra BAND-MAID à l’avenir, que nous avons fait le parallèle avec un jeu de société… D’autant plus que lors de la tournée de cette année, nous agitions des drapeaux sur scène, nous avons donc pensé à faire le lien avec cela aussi. En réalité, nous travaillons actuellement en vue de notre 15e anniversaire, et nous y avons mis tout notre cœur pour que vous attendiez avec impatience de savoir, entre autres, « où allons-nous hisser le drapeau à notre retour ? »…

À en juger par cette vidéo, on pourrait se dire qu’à l’occasion du 15e anniversaire, on ira peut-être même dans l’espace.
Miku Kobato : C’est vrai, ça fait un peu « étoiles », n’est-ce pas ? (rires).

Je me demande comment on pourra aller voir ça. Mais avant tout, il faudrait savoir comment tout le monde va se rendre sur place (rires). Les paroles sont parsemées de références à notre histoire, et des phrases comme « On va s’emparer de la valeur et de la victoire » laissent entendre qu’on va « gagner cette partie », n’est-ce pas ?
Miku Kobato : C’est vrai. On a intégré dans les paroles des éléments importants de notre passé. De plus, on avait été informés à l’avance de l’idée d’une pochette inspirée d’un jeu de société, et comme on voulait que les paroles s’accordent avec cette image, on a écrit en veillant à y intégrer des éléments qui évoquent le fait d’avancer en lançant des dés ou en faisant tourner une roulette.

Quand on entend ce genre d’histoires, ça donne vraiment envie de créer un jeu de société sur BAND-MAID.
Miku Kobato : On en parlait justement entre nous !
Saiki : Il faudrait trouver des sponsors (rires).

« Une pause à cause d’un problème technique », par exemple.
Miku Kobato : Ça serait marrant d’y intégrer des problèmes qui se sont réellement produits par le passé. « Retour à la case départ à cause de bagages perdus », par exemple (rires).

Sur ce single, les morceaux sont classés par ordre de création, n’est-ce pas ? On sait que la version originale de « CAGE » a été composée il y a quelque temps, mais y a-t-il des cas où, par exemple, c’est grâce à « Days » que « ENERGETIC » a vu le jour ?
Kanami : Comment dire… J’avais une idée bien précise en tête. Tout d’abord, « ENERGETIC » correspondait à une image du genre « En 2026, je veux faire danser tout le monde ! », tandis que « Days » a été créé dans l’idée de proposer « une chanson qui serve de soutien moral », alors que nous allions faire une petite pause dans nos concerts en 2027. Ce n’est donc pas comme si j’avais cherché à relier ces deux titres, mais ce sont toutes les deux des chansons que nous devrions mettre en avant en 2026, que nous souhaitions faire mûrir d’ici le concert au Nippon Budokan (qui marquera la fin de la tournée en novembre).

La première interprétation de « ENERGETIC » a donc eu lieu lors du concert à Berlin, le premier jour de la tournée européenne. Quelles ont été vos impressions à ce moment-là ? Je pense que c’est vraiment un morceau qui semble prêt à être utilisé immédiatement lors de nos concerts.
Miku Kobato : On dirait bien que ça s’est passé comme ça.
Saiki : On a senti que ça marchait dès la première fois qu’on l’a chantée.
Miku Kobato : Alors que c’était sûrement la première fois que les « maîtres » et les « princesses » entendaient cette chanson, ils ont chanté avec nous « LALALA~ ».
Akane : C’est vrai, tout le monde chantait avec nous.
Miku Kobato : On a été surprises de voir que tout le monde s’est mis à chanter en chœur d’un seul coup, mais ça nous a fait énormément plaisir.
Saiki : Comme les paroles contiennent des expressions comme « Dance it out », tout le monde a sans doute tout de suite compris qu’il s’agissait d’une chanson pour danser, et comme tout le monde s’est mis à danser immédiatement, je me suis dit : « Super, le message est bien passé. »

Cette chanson commence d’emblée par la basse, n’est-ce pas ? Dans quel état d’esprit étiez-vous, MISA, au moment de la première interprétation ?
MISA : Comme c’était la toute première fois, à mesure que le moment de « ENERGETIC » approchait dans l’ordre des morceaux, je ressentais une certaine tension, du genre « Ça y est, ça y est ». Mais d’après ce que m’a raconté Saiki par la suite, j’avais apparemment une expression qui disait clairement « Ça va bientôt commencer ! » (rires). Et puis, comme ça commence par la basse, je me disais que je ne pouvais absolument pas me permettre de faire une fausse note.

Mais bon, à ce moment-là, personne n’avait encore entendu cette chanson, donc même si tu avais fait une fausse note, je pense que personne ne s’en serait rendu compte (rires).
Saiki : C’est exactement ce que je lui avais dit. « Même si tu te trompes, personne ne s’en rendra compte. On ne pourra pas vérifier, et les gens penseront peut-être même qu’ils ont eu la chance d’entendre un morceau rare. » Mais MISA n’avait pas l’air convaincue par mes paroles (rires).

Tu as peut-être bu une gorgée de bière pour te détendre ?
MISA : Non, franchement, c’était impossible (rires).
Akane : Mais en réalité, l’ambiance était super bonne et, au final, tout s’est très bien passé. J’ai senti que les attentes du public avaient grimpé en flèche dès l’instant où MISA est montée sur scène.
Kanami : Mais ce premier jour, il y a eu un autre incident. Dès le début, lors de l’ouverture, Saiki a eu un problème avec ses écouteurs intra-auriculaires.
Saiki : Tout le monde portait ses écouteurs intra-auriculaires, et normalement, on aurait dû entendre le son d’ouverture, mais il ne passait pas. Du coup, c’était : « Vous entendez quelque chose ? » « Ouais, ça passe. » « Non, ça ne passe pas. C’est grave, qu’est-ce qu’on fait ? » Et c’est là que le « Guitar Hero » est entré en scène.
Kanami : J’ai improvisé un solo de guitare.

C’est donc pour gagner du temps tout en réglant tes écouteurs intra-auriculaires ? Le mystère est résolu. En fait, quand j’ai cherché la setlist de ce jour-là sur un site étranger, j’ai lu que, pour le concert de Berlin uniquement, un solo de guitare avait été joué en guise d’introduction avant le premier morceau, « DOMINATION », et je me demandais ce que cela pouvait bien signifier.
Kanami : Comme je l’ai fait sur le coup, tous les membres de l’équipe se sont dit : « Tiens ? On a peut-être changé la façon d’entrer en scène aujourd’hui ? ».
Saiki : Alors que personne ne s’était rendu compte du problème, seuls le responsable du son et les membres du groupe s’inquiétaient en se demandant : « Qu’est-ce qui va se passer ? ».
Miku Kobato : On aurait dit que tu étais un peu paniquée.
Kanami : Il s’est passé quelque chose le deuxième jour aussi, non ?
MISA : Le deuxième jour, j’ai fait tomber mon médiator pour la première fois depuis plusieurs années.
Kanami : J’ai l’impression qu’il y a eu autre chose… mais je n’arrive plus à m’en souvenir (rires).
Akane : Il y a eu quelque chose ?

C’était peut-être un détail si insignifiant qu’on a fini par l’oublier. En conclusion, je pense que cela montre qu’on arrive à résoudre tant bien que mal les petits problèmes et les imprévus.
Kanami : C’est vrai. On a 13 ans d’expérience derrière nous, donc on sait s’en sortir quoi qu’il arrive. On ne se laisse pas déstabiliser par ces petits problèmes-là.

C’est dans ces moments-là que l’on voit si un groupe est capable de s’adapter à la situation, n’est-ce pas ? Mais dans votre cas, par exemple, vous pourriez sans doute assurer la transition lors d’une session, et je pense que si vous parvenez à résoudre ce genre de problèmes, c’est parce que toutes les expériences que vous avez vécues jusqu’à présent portent leurs fruits.
Akane : En ce sens aussi, ça faisait vraiment « groupe ».
Miku Kobato : À ce moment-là, Kanami était vraiment géniale, et tout le monde disait « C’est incroyable ! ».
Saiki : Mais en même temps, en pensant à ce qui se passerait « si la même chose se reproduisait », on a aussi réfléchi ensemble à des solutions alternatives.
Miku Kobato : On se disait alors : « Dans ce cas, ce sera à Kobato de prendre le relais ! » ou « On commencera par Akane », par exemple.

C’est tout à leur honneur de ne pas se contenter de conclure par « C’est bien qu’on ait réussi à surmonter les difficultés aujourd’hui ». Lors de cette tournée européenne, même si la setlist était relativement fixe, ils ont tout de même remplacé certaines chansons. Comme c’était leur premier passage en Europe depuis longtemps, je pense qu’ils ont voulu faire preuve de considération en présentant un éventail équilibré de titres issus de différentes époques.
Saiki : C’est vrai. Après tout, nous n’y étions pas allés depuis 2019, et nous avons sorti tellement de titres entre-temps que nous y avons longuement réfléchi. Nous avons également pris en compte le fait que nous n’avions pas pu faire la tournée « Unseen World » en Europe. Mais comme il y a sûrement beaucoup de gens qui ont découvert BAND-MAID récemment, nous avons demandé aux membres de proposer les morceaux qu’ils souhaitaient jouer, tout en veillant à trouver un bon équilibre entre les anciens titres et les morceaux actuels.

Dans ce mélange d’anciens et de nouveaux titres, « Days » et « ENERGETIC » ont été interprétés coup sur coup vers la fin du concert, n’est-ce pas ? En jouant ces deux morceaux à la suite, n’avez-vous pas pu ressentir ce contraste, ou plutôt cette impression qu’ils forment un tout indissociable ?
Saiki : C’est en le présentant sur scène que je m’en suis rendu compte. Pour être plus précise, c’était pendant le MC. Après avoir interprété « Days », Kobato a parlé un peu de cette chanson, puis j’ai enchaîné en chauffant la salle pour « ENERGETIC ». En voyant tout le monde s’emballer à ce moment-là, je me suis dit « Allez, c’est parti ! », et en même temps, je voyais très clairement les visages de tout le monde dans le public. À travers leurs expressions, j’ai compris que ce que nous voulions transmettre à travers « Days » était bien passé. C’est là que j’ai réalisé que ce que nous avions mis dans cette chanson n’était pas seulement notre propre sentiment… Notre dernier concert en tête d’affiche était à Londres, et à ce moment-là, « ENERGETIC » était déjà devenu un incontournable. L’unité qui régnait dans la salle était incroyable, on avait l’impression d’avoir atteint le point culminant, et j’ai vraiment eu le sentiment que tout le monde m’avait aidée.

C’était bien de pouvoir non seulement annoncer « C’est une nouvelle chanson », mais aussi de transmettre clairement notre intention. Quand vous avez expliqué ce qu’était « Days », l’ambiance n’est-elle pas devenue un peu solennelle ?
Saiki : J’ai ressenti ça pendant un bref instant. Mais tout le monde était si chaleureux, et les réactions du genre « On comprend. On vous attendra à nouveau » m’ont vraiment rassurée.
Miku Kobato : Comme beaucoup de maîtres et de princesses écoutaient ce que Kobato racontait en hochant vigoureusement la tête en disant « Hum hum », j’ai eu davantage le sentiment qu’on se comprenait vraiment plutôt que d’éprouver de la tristesse. Ça m’a beaucoup émue, en fait.

Cela dit, au milieu de cette ambiance de communion, il y a sûrement eu des moments où, emportée par l’élan du moment, tu as failli t’écrier « À l’année prochaine ! ». Mais c’est une phrase que tu ne pouvais absolument pas prononcer.
Miku Kobato : C’est vrai. Je me suis dit que je devais donner des explications à ce sujet, alors quand j’ai annoncé : « Je suis très heureuse d’être de retour ici après sept ans, mais je vais faire une petite pause dans mon service l’année prochaine », j’ai ajouté : « Mais le fait que vous ayez attendu sept ans… ». Ça a même fait rire le public, ce qui m’a donné l’impression que nos maîtres et maîtresses européens avaient bien compris notre intention et qu’ils sauraient patienter jusqu’à la prochaine occasion.
Saiki : Oui, cette réaction nous a vraiment rassurées.

Cette fois-ci, vos concerts en tête d’affiche à Berlin, Francfort, Munich, Paris et Londres ont tous affiché complet, et vous avez en plus participé au . L’engouement rencontré dans chaque ville transparaissait clairement dans les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, mais qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué tout au long de cette tournée ?
Akane : Cela vaut non seulement à l’étranger, mais aussi au Japon : je suis vraiment très émue quand tout le monde chante avec nous. C’était le cas cette fois-ci en Europe aussi. En voyant le public chanter en chœur lors du , j’ai vraiment pris conscience que « notre musique passe bien », et le fait de penser que « tout le monde fait des efforts pour apprendre le japonais » m’a également beaucoup émue. C’est quelque chose que je ressens à chaque fois que je pars à l’étranger, mais le fait de pouvoir retourner en Europe pour la première fois depuis sept ans m’a permis de le ressentir à nouveau, et j’ai vraiment eu envie de dire : « Je suis ravie de vous revoir tous ! »
MISA : Cette tournée m’a beaucoup endurcie mentalement. J’ai déjà évoqué tout à l’heure le fait d’avoir fait tomber mon médiator pour la première fois depuis plusieurs années, mais il y a eu un incident assez tôt dans la tournée qui m’a vraiment ébranlée mentalement. Mais les autres membres m’ont aidée et m’ont encouragée…
Kanami : Il y a eu des moments où tu n’étais pas satisfaite de ton jeu, n’est-ce pas ? Dans ces moments-là, même si ce n’est pas forcément grave, on peut parfois se sentir complètement démoralisée.
MISA : Oui. Mais c’est grâce à vous tous que j’ai pu m’en remettre. Si j’ai fait tomber mon médiator, c’est parce qu’à un moment donné, à cause de l’éclairage, je ne voyais pas bien ce qui se passait autour de moi, et ça m’a déstabilisée. Ça ressemble à une excuse, je sais (rires). C’était peut-être aussi le décalage horaire. Mais à part ça, à chaque fois, on a pu s’amuser tout en dégustant de délicieuses bières locales. À chaque service, on se disait « Quelle bière va-t-on avoir aujourd’hui ? », et on attendait ça avec impatience.
Akane : Je viens de me souvenir d’autre chose : cette fois-ci, il y avait beaucoup de « maîtres » et de « princesses » qui venaient nous voir pour la première fois. Quand j’ai demandé pendant l’animation « Qui vient nous voir pour la première fois ? », il y a eu énormément de mains levées dans toutes les salles. Ça m’a surprise, mais ça m’a aussi fait très plaisir.
Kanami : J’ai moi-même été surprise de voir qu’il y avait beaucoup de nouveaux venus, mais j’ai pu sentir que tout le monde, y compris eux, écoutait vraiment attentivement les morceaux, et ça m’a fait très plaisir. Au cours de ces sept dernières années, j’ai composé toutes sortes de morceaux et j’ai essayé de m’améliorer sur le plan technique, et j’ai compris que c’est justement parce que cela passe bien que vous venez me voir ici, en Europe. Du coup, en réalité, dès mon retour ici… ou plutôt, alors que j’étais encore là-bas, j’ai eu l’idée d’une chanson sur laquelle j’avais envie de travailler. J’en avais d’ailleurs parlé aux autres membres pendant la tournée en leur disant : « J’aimerais bien avancer sur cette chanson », et je leur avais fait écouter. En effet, en jouant à nouveau en Europe après une longue pause, j’ai pris conscience qu’il nous fallait peut-être un morceau de ce genre.

En d’autres termes, une chanson qui semble déjà être le fruit de cette tournée est en train de voir le jour ?
Kanami : Je l’ai déjà composée (rires). À mon retour, quand je me réveillais vers 4 heures du matin à cause du décalage horaire, je restais debout pour travailler… Et j’ai commencé à avancer sur ce projet environ deux jours plus tard. Cette tournée m’a donné envie de « composer vite une nouvelle chanson ! », et comme j’ai effectivement pu créer un nouveau morceau grâce à cette expérience, je suis vraiment contente d’avoir pu faire cette tournée.

C’est impressionnant ! Au fait, pour cette tournée, Kanami, tu n’avais pas emporté ton ordinateur pour essayer de mettre de côté la composition, n’est-ce pas ?
Kanami : C’est vrai. Quand j’ai un ordinateur sous la main, je ne peux m’empêcher de travailler, alors cette fois-ci, je voulais me consacrer exclusivement à améliorer ma technique à la guitare. C’est pourquoi, même dans le bus de tournée, nous nous entraînions tous les trois, les instrumentistes à cordes. Mais comme j’ai pu puiser beaucoup d’inspiration pendant cette tournée, j’ai eu envie de la concrétiser immédiatement, alors dès mon retour, j’ai rassemblé toutes ces idées. L’Europe a vraiment une atmosphère qui lui est propre, et j’ai eu des moments où des idées se sont développées, du genre : « La prochaine fois que je viendrai ici, j’aimerais jouer ce genre de morceau. »

Et puis, l’ambiance varie beaucoup d’un pays à l’autre et d’une ville à l’autre, n’est-ce pas ?
Kanami : C’est vrai. L’ambiance et la façon dont le public s’anime diffèrent selon que l’on soit en Allemagne, en France ou au Royaume-Uni. Pour ma part, j’ai eu l’impression qu’en France, par exemple, même si les spectateurs au premier rang s’enflammaient de manière très énergique, il y avait aussi beaucoup de gens qui écoutaient très attentivement. J’ai trouvé ça vraiment génial.
Akane : En France, les anime japonais sont très populaires, n’est-ce pas ? C’est pour ça que les réactions aux chansons issues de collaborations avec des anime ont été particulièrement fortes.

Je vois. La salle du concert à Londres se trouvait à Brixton, un quartier connu pour être relativement peu sûr, n’est-ce pas ?
Saiki : On nous l’avait dit, en effet.
Akane : On nous a conseillé de ne pas sortir le soir.
Miku Kobato : L’ambiance semblait différente de celle de Londres, où j’étais déjà allée auparavant. Cela dit, comme on m’avait prévenue à l’avance, je faisais attention, mais rien qu’en me promenant dans les rues, je sentais que c’était une ville qui aimait vraiment la musique, et je trouvais ça plutôt charmant.
Saiki : Il y avait des gens dans les rues qui avaient installé des enceintes et faisaient résonner la musique à fond. On entendait du reggae à plein volume, puis, au coin de la rue suivante, c’était du rock britannique… C’est vrai que ça donnait une impression un peu inquiétante, mais c’était vraiment une ville où l’on ressentait une ambiance très musicale. On voyait aussi des fresques de David Bowie un peu partout. Et puis, même s’il s’agissait de notre première tournée européenne depuis sept ans, la capacité des salles avait doublé par rapport à l’époque. J’ai été très ému par ce constat, et j’ai été surpris par le nombre de personnes qui n’étaient manifestement pas là il y a sept ans. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas joué devant un public composé en grande partie de gens qui nous voyaient pour la première fois, ce qui a rendu notre joie encore plus intense, d’autant plus que partout où nous nous produisions, tout le monde chantait avec nous…
De plus, concernant la suspension de nos activités l’année prochaine, ils nous ont adressé des mots chaleureux du genre « On vous attendra toujours, alors faites comme bon vous semble », et tout le monde nous disait « On vous adore ! » ou « On vous aime ! », nous transmettant leur amour à fond. En réponse à cela, nous n’avions d’autre choix que de nous exprimer à travers nos chansons. C’était un immense bonheur de transmettre notre amour par la musique et de recevoir en retour l’amour du public ; cela a été une véritable source d’énergie pour nous. De plus, le profil de nos « maîtres » et « demoiselles » s’est considérablement élargi ; par exemple, j’ai parfois remarqué la présence de couples de personnes âgées. Quand je demandais : « Qui était là il y a sept ans ? », ces personnes levaient immanquablement la main. J’étais ravie de constater que des personnes d’une génération plus âgée que la nôtre nous avaient attendues pendant sept ans. En même temps, j’ai pu constater que le nombre de fans féminines augmentait également à l’étranger, ce qui m’a également fait très plaisir.
Miku Kobato : Comme Saiki vient de le mentionner, le fait d’avoir réussi à faire salle comble dans une salle deux fois plus grande qu’il y a sept ans m’a donné encore plus confiance dans le chemin que nous avons parcouru jusqu’ici. Et puis, même lorsque je servais, je voyais les yeux de nos maîtres et de nos demoiselles briller de mille feux depuis la scène. Rien qu’en les regardant ainsi, j’étais un peu émue… Il y a eu au moins un moment par spectacle où j’ai failli verser une larme. J’ai vraiment ressenti une immense joie à l’idée d’être de retour ici après sept ans d’absence, et j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer mon rôle de servante.
Et puis, outre les personnes plus âgées et les fans féminines, bien sûr, on remarquait aussi beaucoup de gens accompagnés d’enfants. En voyant toute cette diversité, je me suis dit que des couples, des parents et leurs enfants, bref, des personnes aux relations les plus diverses, communiquaient sans doute grâce à notre musique. Et ce qui m’a le plus marquée, c’est d’avoir eu le sentiment que BAND-MAID n’était pas seulement un passe-temps commun, mais que nous faisions peut-être partie de leur vie. Bien sûr, il y a sûrement beaucoup de gens comme ça au Japon aussi, mais j’ai trouvé que c’était vraiment génial de pouvoir ressentir directement cette ambiance en Europe, où je n’étais pas allée depuis sept ans. J’ai pu réaliser très fortement que je faisais peut-être partie de la vie de toutes sortes de personnes.

Dans ce contexte, est-ce que « Magic Spell Time » (alias « Omajinai Time », bien connu au Japon) s’est encore amélioré ?
Miku Kobato : C’est vrai, en fait. Ça m’a aussi beaucoup plu. Il y a sept ans, « Omajinai Time » était un peu plus simple, ou plutôt, je ne le faisais pas avec autant de liberté qu’au Japon. Mais aujourd’hui, ça ne se limite plus à un simple « Omajinai Time », et on peut y intégrer de plus en plus d’éléments ludiques, n’est-ce pas ? En ce sens, j’ai pu le faire exactement comme lors de mes prestations au Japon.
Akane : On dirait même qu’il y avait plus d’éléments que lors des représentations au Japon, non ? (rires)
Miku Kobato : C’est peut-être ça. En fait, le fait que les maîtres et les princesses sur place acceptent bien ça joue un rôle important : alors qu’avant, beaucoup de gens restaient bouche bée, aujourd’hui, ce sont plutôt les maîtres et les princesses qui ont vraiment envie d’en profiter, si on peut dire (rires). Cette fois-ci, on a aussi intégré des éléments en rapport avec les sites touristiques de chaque région. Par exemple, à Paris, Kobato a d’abord chanté « Aux Champs-Élysées », puis elle a tendu le micro vers le public pour qu’il chante en chœur.

Que diriez-vous de chanter des chansons locales lors de votre tournée au Japon ?
Miku Kobato : Je l’ai déjà fait à Kumamoto, mais c’était en partie parce que c’était « chez moi », et c’est quand même assez difficile, je suppose. Mais comme j’ai pu faire ce genre de choses avec une grande liberté en Europe aussi, je trouve que c’était vraiment une bonne chose, je suppose.

Kanami, il y a bien eu un événement particulier à Francfort, n’est-ce pas ?
Kanami : Oui (rires). Comme je l’ai mentionné tout à l’heure, quand MISA a eu un petit coup de mou à Francfort, j’ai bu une bière moi aussi pour lui remonter le moral. C’était pendant le solo de « HATE ». Pendant que MISA jouait, j’ai bu d’un trait sa bière… pour l’encourager, et je me suis retrouvée assez ivre (rires). C’est comme ça qu’on a tous réussi à surmonter ce moment.

C’est le qui a clôturé la tournée européenne, et il semble que ce concert ait également remporté un franc succès ?
Miku Kobato : J’ai déjà participé à divers festivals aux États-Unis et au Japon, mais celui-ci avait vraiment une ambiance unique. Je savais que c’était un événement de grande envergure, mais son ampleur dépassait vraiment tout ce que j’avais imaginé, avec cet immense espace qui s’étendait à perte de vue, un peu comme un terrain de camping. J’ai d’abord été très impressionnée par cette ampleur. En plus, il faisait un soleil de plein été, alors les tenues des spectateurs étaient incroyables !
Saiki : Pour le dire franchement, on aurait dit des gens à moitié nus (rires) ! Les hommes comme les femmes portaient vraiment des tenues « très légères », et même depuis la scène, on se disait : « T’as vu la personne qui vient de passer ? » (rires). C’était un peu inimaginable au Japon. Et puis, en Europe, en été, le soleil met du temps à se coucher, n’est-ce pas ? Notre passage était prévu « juste au moment du crépuscule », mais en réalité, il faisait encore très clair, et on se demandait : « Mais quand est-ce que la nuit va enfin tomber ? »
Miku Kobato : Je savais que le soleil se couchait tard, mais je pensais quand même qu’il ferait un peu sombre à un moment donné, alors que ce n’était pas du tout le cas. Il faisait encore clair jusqu’à environ 21 heures.
Saiki : On devait retourner au car de tournée à 22 heures, mais comme il faisait encore extrêmement clair, on avait le même enthousiasme qu’après une représentation en journée. C’était donc un environnement où on ne pouvait pas vraiment s’attendre à ce que les lumières « ressortent » particulièrement bien, mais cela m’a fait réaliser qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas savoir tant qu’on ne les a pas essayées concrètement. Mais la réaction du public a été très bonne. Je pensais que ça allait être difficile vu les horaires, et que peut-être personne ne viendrait nous voir, mais les gens se sont rassemblés de plus en plus nombreux.
Miku Kobato : Dès la balance, les gens ont commencé à affluer, comme attirés par la musique. Sur des morceaux comme « endless Story », où tout le monde chante en chœur, on a même entendu un chant collectif digne d’un concert en tête d’affiche, et je voyais même les personnes au fond lever les mains… Ça m’a vraiment fait très plaisir. Bien sûr, comme c’était un festival, il y avait sûrement beaucoup de gens qui découvraient BAND-MAID pour la première fois…
Saiki : Je pense que c’était le cas pour 90 % des spectateurs. Et pourtant, leur réaction a été incroyablement bonne, ce qui m’a vraiment surprise. Notre setlist commençait par « Ready to Rock » et se terminait par « endless Story », et je me suis dit que j’avais bien fait de choisir cet ordre. En tout cas, dès que « Ready to Rock » a démarré, les gens se sont précipités vers la scène et l’ambiance est devenue complètement déchaînée.

Comme on pouvait s’y attendre de la part de la « reine des setlists » (rires).
Saiki : Oui (rires). Après le concert, j’ai eu l’occasion de saluer les organisateurs du festival, et ils m’ont dit : « La prochaine fois, on vous préparera une scène encore plus grande. » Au départ, ils m’avaient dit « Revenez absolument l’année prochaine », mais quand je leur ai expliqué notre situation, ils ont compris, et j’étais ravie d’avoir ainsi une nouvelle raison de retourner au Royaume-Uni.
Akane : Il y avait aussi beaucoup de membres de l’équipe qui nous regardaient depuis les coulisses. Et comme ils sont restés là assez longtemps, je pense qu’ils ont vraiment apprécié notre prestation.
Miku Kobato : Même les agents de sécurité avaient l’air de s’éclater tout le temps (rires).

De retour au Japon après cette tournée européenne, l’inspiration que vous y avez puisée va certainement se refléter dans vos prochaines tournées nationales et vos participations à des festivals, n’est-ce pas ? À ce propos, à ce jour, « CAGE » n’a encore jamais été interprété lors d’un concert , mais peut-on espérer l’entendre bientôt ?
Saiki : On va la jouer à Hiroshima ! [NDLR Elle a été interprétée lors du concert à Hiroshima le 27 juin, après cette interview.]

Sérieusement ! On peut donc s’attendre à de nombreuses surprises lors des prochaines dates de la tournée ?
Miku Kobato : On dirait bien. Il faut aussi qu’on offre des cadeaux à nos maîtres et maîtresses japonais, donc je pense qu’il y aura plein de choses à venir.
Kanami : D’autant plus qu’on a composé de nouveaux morceaux cette fois-ci, et qu’on prépare plein d’idées en vue du Budokan, alors j’espère que vous attendrez ça avec impatience.
Saiki : Et puis il y aura aussi des sessions, entre autres. De plus, il y a encore beaucoup de choses qui n’ont pas été annoncées, ou qui ne peuvent pas l’être pour l’instant, alors restez à l’affût. D’ici au Budokan, les bonnes nouvelles devraient continuer à affluer. Nous, BAND-MAID, sommes plus cool que jamais, alors venez absolument nous voir en concert !

Interview et texte ◎ Yuichi Masuda
Photos ◎ Yoshimichi Bito