Interview BILLBOARD – 30/10/2026

BAND-MAID : Le nouveau single « SPIN » et les deux jours de concerts au Budokan font office de « promesse » de retrouvailles avec leurs « Maîtres » et « Princesses »

Le 28 octobre, BAND-MAID a sorti son nouveau single, « SPIN ». Publié après le volet nord-américain de leur « BAND-MAID WORLD TOUR 2026 » — entamé en mars — et juste avant leur tournée japonaise, ce disque comprend trois titres, dont la chanson éponyme, composée spécialement comme générique de fin de l’anime BEYBLADE X: Bey Kingdom Arc. Si l’affection profonde du groupe pour ses fans — surnommés affectueusement « Maîtres » et « Princesses » — transparaît tout au long de l’œuvre, celle-ci évite tout ton excessivement sentimental ; elle se distingue au contraire par une énergie combative, reflet de la volonté inébranlable du groupe de relever des défis et de continuer à évoluer. Nous avons discuté avec les cinq membres de leur série de concerts estivaux débordants d’énergie, de ce nouveau single, de la très attendue conclusion de leur tournée en novembre — deux jours de « service » (concert) au mythique Nippon Budokan — ainsi que de leurs projets pour l’avenir.

Retrouvailles avec The Warning,
et les enseignements tirés d’une première prestation sur une scène en forme de dôme

■ Vous avez participé à des festivals d’été chaque week-end durant la saison passée ; avec le recul, comment cela s’est-il passé ?

Miku Kobato : Nous avons eu la chance de voyager un peu partout, chaque semaine ! On se demandait constamment : « Attends, on est où, là ? » ou encore « Où étions-nous la semaine dernière, et où allons-nous cette semaine ? » (rires). On arrivait aussi à caser des répétitions, et Saiki prenait les choses en main en disant : « Comme le prochain festival a telle ambiance, on va opter pour telle setlist. »

Saiki : Nous avons joué dans de nombreux festivals pour la toute première fois ; c’était donc une expérience formidable de découvrir ces nouveaux environnements.

■ Vous avez retrouvé les trois membres de The Warning au SUMMER SONIC, n’est-ce pas ?

Miku Kobato : Exactement ! Dany (Daniela/chant/guitare/piano) s’est même jointe à nous pour une collaboration durant notre set.

Saiki : Et dès notre arrivée sur les lieux, Dany est venue nous voir en coulisses.

■ Était-ce la première fois que vous vous revoyiez depuis vos concerts de 2024 ?

Saiki: En fait, nous les avions déjà croisées l’an dernier ; les trois sœurs étaient au Japon pour un voyage privé.

Miku Kobato : Elles appelaient ça un « voyage entre sœurs ». Nous sommes allées manger ensemble — BAND-MAID et The Warning. MISA (basse) n’avait pas pu se joindre à nous à ce moment-là, donc le SUMMER SONIC a marqué nos premières retrouvailles au complet depuis un bon moment.

■ C’est merveilleux que votre amitié perdure ! Comment s’est passée la prestation ?

Miku Kobato : C’était tellement amusant ! J’étais vraiment heureuse qu’on puisse jouer à nouveau ensemble après tout ce temps. Pau (Paulina/batterie) et Ale (Alejandra/basse) nous regardaient depuis le bord de la scène, ce qui donnait vraiment l’impression que nous jouions toutes ensemble.

Saiki : Revoir The Warning sur scène au Japon… elles étaient tout simplement incroyables. C’était très inspirant de les voir jouer juste avant notre propre set.

Miku Kobato : Elles sont devenues encore plus puissantes que lors de notre dernière rencontre ; elles ont tellement progressé ! Je me suis dit : « Waouh ! C’est incroyable ! » Ça nous a vraiment motivées à hausser notre propre niveau. Elles parcourent sans cesse le monde entier, à tel point qu’on ne sait jamais vraiment où elles peuvent se trouver à un instant T…

Kanami : Elles ont même dit : « La prochaine étape, ce sont les États-Unis ! »

Miku Kobato : Oui, c’est vrai ! On s’est dit : « Il faut qu’on se revoie ! » et puis, on s’est quittées.

■ Il semblerait qu’au festival [TREASURE05X 2026], Akane, tu aies pu rencontrer Nao (du groupe Maximum the Hormone), que tu admires depuis longtemps !

Akane : Nous jouions toutes les deux le même jour, alors j’avais hâte d’y être… mais je n’aurais jamais imaginé pouvoir la rencontrer pour de vrai ! Nous avons échangé quelques mots, et Nao est même venue assister au concert de BAND-MAID. De notre côté, nous avons bien sûr pu voir la prestation de Maximum the Hormone. C’était un moment tellement joyeux ; une journée que je n’oublierai jamais.

■ Vous enchaînez les expériences dans divers festivals, semaine après semaine. Lors de [THE GREATEST ROCK FUKUOKA], vous êtes même montées sur la scène du Mizuho PayPay Dome Fukuoka.

Saiki : Nous partagions l’affiche avec des artistes tellement renommés que je n’arrêtais pas de me demander : « Comment a-t-on pu se retrouver ici ?! » Les autres artistes présents nous disaient : « Oh, regardez, les petites dernières sont arrivées ! » (rires).

Miku Kobato : Tout le monde était très enjoué et facile d’accès ; ils comprenaient parfaitement que nous étions nerveuses, po.

Saiki : Se retrouver dans un environnement totalement inédit est toujours une source de stress, mais grâce aux artistes plus expérimentés, nous avons réussi à surmonter cela sans problème.

MISA : Le concert au PayPay Dome a été vraiment inoubliable. Non seulement c’était la première fois que nous nous produisions dans un « dôme », mais la setlist était aussi totalement différente de celle que nous jouions dans les autres festivals. C’est une sélection de morceaux que nous ne jouons pas d’habitude. Entre cela et l’immense trac, nous étions toutes très anxieuses au moment de monter sur scène.

Kanami : Nous avons ouvert le concert avec le morceau instrumental « from now on ». C’est une pièce très exigeante, alors nous, les instrumentistes, étions extrêmement nerveuses. Mais dès que Saiki nous a rejointes pour le deuxième morceau, nous avons ressenti un immense soulagement — du genre : « Ça y est, tout va bien, on peut y arriver » — et nous avons retrouvé notre état d’esprit habituel. Cela m’a vraiment fait prendre conscience de l’influence que SAIKI exerce sur nous toutes.

■ Alors, Saiki-san, c’est toi qui élabores les setlists pour ces festivals, c’est bien ça ?

Saiki : Oui, tout à fait. Nous étions le groupe d’ouverture et nous sommes passées à 11h30, ce qui est assez tôt, même pour des horaires habituels. Comme il s’agissait d’un concert dans un dôme, j’avais une idée du type de public auquel nous allions faire face ; nous avons donc choisi « from now on » comme premier morceau, dans l’espoir de captiver tout le monde grâce à notre son.

■ D’autant plus qu’un groupe très technique comme LOUDNESS passait juste après vous.

Saiki : Exactement ! Mais nous voulions leur montrer : « Hé, nous aussi, on en est capables ! » (rires). Nous avons réussi, toutes les quatre, à capter l’attention du public dès le début, ce qui a permis au reste du set de s’enchaîner naturellement ; j’ai vraiment eu le sentiment que nous avions réussi à impliquer totalement la foule dans notre prestation.

Miku Kobato : En regardant les réactions sur les réseaux sociaux par la suite, il semble qu’un bon nombre de personnes nous découvraient pour la première fois. Certains ont même écrit des choses comme : « Vu leur look, je ne les aurais probablement pas écoutées autrement, mais je suis content d’être arrivé en avance et d’avoir pu les entendre », ou encore « J’ai fait une belle découverte » — ce qui m’a fait très plaisir, po.

■ C’était sans doute exactement ce que recherchaient les organisateurs de l’événement.

Saiki : Ça fait vraiment plaisir à entendre. J’ai le sentiment que, nous aussi, nous pouvons contribuer à maintenir vivant l’esprit du rock et à le faire avancer.

Le morceau-titre, « SPIN », au ton ludique, intègre même les « sons » de Beyblade.

■ Vous avez enchaîné les sorties musicales tout en assurant des tournées et des concerts dans des festivals. Comment avez-vous abordé le processus de production ?

Kanami : Le morceau phare, « SPIN », a été écrit spécialement pour l’anime BEYBLADE X: Bey Kingdom Arc, suite à une sollicitation reçue en février dernier. L’équipe de production souhaitait un titre qui plaise aussi bien aux enfants qu’aux adultes, avec notamment des passages que tout le monde — y compris les plus jeunes — pourrait reprendre en chœur. J’ai donc intégré une partie dans le refrain pensée pour une participation collective ; il s’agit de la séquence entre parenthèses : « (spin, grin, don’t give in) ». Nous trois, aux instruments (en dehors de Kobato), avons également pris part au refrain, afin de renforcer cette dynamique de « chantons tous ensemble ». Par ailleurs, j’ai visionné des séquences de tournois Beyblade pour m’en inspirer, et j’ai été frappée par la qualité sonore des Beyblades elles-mêmes. Comme j’utilise souvent des échantillons (samples) dans mes compositions, je me suis dit que ces bruits seraient parfaits ; je les ai donc fait enregistrer lors de la session vocale de Kobato.

Miku Kobato : On m’a demandé d’enregistrer les sons caractéristiques des Beyblades : le sifflement lors des chocs et le bruit de leur rotation. Pendant l’enregistrement, je demandais régulièrement à Kanami : « Ça te va comme ça ? »

Kanami : J’ai passé ces enregistrements au crible, sélectionné les meilleurs sons, puis je les ai retravaillés pour créer un effet de « montée » (rires) — ce bourdonnement que l’on entend dès le début du morceau.

Saiki : Il réapparaît aussi après le premier refrain, n’est-ce pas ?

Kanami : Exactement. En intégrant de véritables sons de Beyblades, je voulais insuffler une dimension ludique, tout en concevant un arrangement plus complexe qui invite les auditeurs à s’immerger pleinement dans le morceau. Par ailleurs, j’ai cherché à conférer à la chanson une énergie débordante et un rythme effréné, en parfaite adéquation avec l’univers de Beyblade.

■ Les autres membres avaient-elles, elles aussi, leurs propres souvenirs ou impressions concernant Beyblade ?

MISA : Bien sûr ! Je connais ça depuis toute petite.

Saiki : C’était populaire aussi bien chez les garçons que chez les filles ; on a vraiment l’impression que tout le monde connaissait, non ?

Miku Kobato : Ça a gardé une grande popularité pendant longtemps, en plus. Une fois que l’anime a été diffusé, je ne pense pas qu’il restait quelqu’un qui ne connaissait pas.

■ À quoi pensiez-vous au moment de l’enregistrement ?

MISA : Comme il s’agit d’une chanson pour Beyblade — une série appréciée par un public de tous âges — j’ai cherché à créer une ligne de basse sur laquelle tout le monde, des enfants aux adultes, pourrait danser. Par exemple, je n’utilise pas souvent les octaves dans nos autres morceaux, mais j’en ai davantage intégré ici. L’ambiance varie pas mal d’une section à l’autre, alors je me suis efforcée de rendre la ligne de basse aussi mélodique que possible, pour qu’elle soit vraiment agréable à écouter.

Akane : Le morceau propose une progression effrénée, fidèle à son titre. À la batterie, j’ai imaginé une sensation de vitesse, dès l’intro et le premier couplet, qui colle bien à l’univers de Beyblade. Dans le pré-refrain, j’ai accordé une attention particulière aux espaces et à la « respiration » globale du morceau, en construisant des phrases qui créent de l’attente — un peu comme lors d’un duel décisif où l’on se demande : « Que va-t-il se passer ensuite ?! » Pour le refrain, j’ai cherché à évoquer le combat et une dynamique à toute vitesse, tout en utilisant des motifs récurrents pour assurer une base solide. Comme le refrain est assez long, je l’ai divisé en deux parties ; j’ai évité de trop complexifier le rythme, préférant l’ancrer dans les moments plus calmes pour donner une véritable trame narrative à mon jeu de batterie. Je trouve que lorsqu’il y a une histoire derrière ma façon de jouer, c’est beaucoup plus facile de s’immerger totalement. Et puis, enregistrer les chœurs du refrain toutes ensemble, c’était vraiment très amusant !

Miku Kobato : Saiki et moi avons pris en charge les éléments principaux du refrain, puis tout le monde s’est joint à nous ; le résultat dégageait une fraîcheur inédite. Je pense que cela traduit parfaitement le message que nous voulions faire passer : « On veut que tout le monde chante avec nous ! » Cette fois-ci, j’ai eu davantage de parties à chanter en tant que voix principale — et pas seulement en tant que choriste — par rapport à d’habitude. La seconde moitié du deuxième refrain diffère de la première, et on m’a demandé tout particulièrement d’adopter un ton aussi mignon que possible pour ce passage. Je me suis vraiment efforcée de faire ressortir ce côté adorable ; d’ailleurs, Saiki m’avait transmis les paroles de cette section bien à l’avance.

Saiki : Nous avons finalisé cette partie en premier, avant même que les paroles du reste de la chanson ne soient arrêtées. J’ai écrit des paroles qui collaient parfaitement à Kobato, en veillant à ce qu’elle puisse les interpréter avec un maximum de mignonnerie — ce sont des phrases qu’elle seule est capable d’incarner.

■ Il s’agit donc du passage où il est dit : « Je vais lancer un sortilège magique pour toi. »

Miku Kobato : Exactement ! On m’avait conseillé de bien soigner les détails, car l’objectif était de chanter ce passage de la manière la plus mignonne possible, en y mettant tout mon cœur. J’ai donc pris le temps de réfléchir : « Peut-être devrais-je essayer comme ceci, ou plutôt comme cela… »

Kanami : Comme notre groupe a la particularité de compter deux chanteuses, je voulais mettre cet aspect en avant. Et puis, personnellement, j’adore le côté mignon de Kobato — je suis certaine que nos « Maîtres et Princesses » [nos fans] adorent ça aussi ! Alors, j’ai décidé de réaliser les rêves de tout le monde !

■ Saiki, est-ce que tu as trouvé le titre « SPIN » au moment où tu écrivais les paroles ?

Saiki: Oui. C’était l’une des premières propositions, et ça m’a semblé être le choix idéal ; on a donc opté pour « SPIN ». Pour ce qui est des paroles, j’ai fait quelques recherches sur Beyblade — je me suis replongée dans l’univers après toutes ces années. J’ai compris que le cœur du jeu réside dans le plaisir de faire tourner les toupies ; c’est ce mouvement de rotation qui est essentiel. Par ailleurs, le mot « spin » est très agréable à prononcer.

■ Ainsi, dès le début avec « SPIN, CRASH », vous parvenez à capturer l’essence même de Beyblade en quelques mots seulement.

Saiki : Comme Kanami l’a évoqué tout à l’heure, je pense que le combat commence dès l’instant où l’on entend le « son » des Beyblades. Elles tournent, elles s’entrechoquent, et tout recommence. Dans cette optique, la progression des paroles — la chronologie, le récit et les émotions des participants — suit le déroulement d’un véritable affrontement. Les paroles restent intenses du début à la fin. Pour les passages que j’ai mis en avant — ceux que j’aimerais voir tout le monde reprendre en chœur —, j’ai veillé à intégrer des rimes, comme « spin, grin, don’t give in » (dans le deuxième couplet). J’adorerais que les enfants chantent ces parties, et qu’ils apprennent peut-être même, au passage, ce qu’est une « rime » ! (rires) J’espère aussi qu’en grandissant, ces garçons et ces filles réécouteront cette chanson et ressentiront une pointe de nostalgie : « Oh, je m’en souviens ! Ça m’est resté en tête. » Ou encore : « Attends, c’est une rime, ça ? » — ce genre de choses.

Miku Kobato : C’est plutôt du genre : une fois adultes, ils pourraient se dire : « Ah, c’est donc ça que ça voulait dire ! »

Saiki : Même s’ils ne saisissent pas le sens tout de suite, je serais ravie qu’ils le comprennent plus tard ; j’écris donc aussi en pensant à leur avenir. Par ailleurs, Beyblade jouit d’une immense popularité à l’étranger ; il existe d’ailleurs une version entièrement en anglais. C’est une chanson assez singulière : tout comme l’anime, elle est adaptée dans plusieurs langues sur une période d’environ un an, puis diffusée à l’échelle mondiale.

■ C’est impressionnant que même la chanson thème fasse l’objet d’une adaptation linguistique.

Saiki: N’est-ce pas ? C’est une situation vraiment unique. D’un point de vue purement créatif, c’était une expérience totalement inédite pour moi en tant qu’auteure de paroles.

Le Budokan est le « point de départ »
où nous nous retrouvons pour notre 15e anniversaire.

■ Le morceau « ENTROPY » commence avec la voix et la guitare qui démarrent en parfaite synchronisation, respirant à l’unisson.

Kanami : C’était juste une envie personnelle ! (rires) Je voulais pouvoir entendre les respirations de SAIKI — ses inspirations et ses expirations — dans mon casque, et je me suis dit que les autres aimeraient sûrement les entendre aussi. J’ai demandé aux filles : « Ça fait peut-être trop ? C’est… bizarre ? » Mais elles — Saiki y compris — m’ont répondu : « Non, pas du tout ! » Alors j’ai insisté : « Allez, on le fait ! »

Saiki : Pendant l’enregistrement, j’ai même demandé des précisions à KANAMI, du genre : « Là, je dois inspirer ou expirer ? » Au fait, c’est bien Kobato qui joue cette intro sur scène, non ?

Kanami : Oui, c’est Kobato qui s’en occupe. Et pour ce qui est de la guitare d’accompagnement… eh bien…

Miku Kobato : C’est moi qui l’ai jouée sur l’enregistrement !

Toutes : (applaudissements) Bravo !

Miku Kobato : C’est la première fois que je joue sur une sortie officielle !

■ Vraiment !? Comment s’est passé l’enregistrement pour toi ?

Miku Kobato : Eh bien, j’ai toujours voulu participer à un enregistrement en jouant de la guitare d’accompagnement. Depuis la fin de l’année dernière, Kanami et moi discutions de la façon dont j’aborde ces parties lors de nos concerts. Pour que ça fonctionne en studio, j’ai commencé à exercer mon oreille et à vraiment peaufiner ma technique. Je faisais d’abord écouter le résultat à MISA et Akane ; si ça leur plaisait, je le montrais à Kanami. Je prenais en compte leurs retours, je réenregistrais, et je recommençais le processus encore et encore. Finalement, Kanami a donné son feu vert : « Essayons sur ce nouveau morceau ! » Et grâce à l’aide de Kanami, MISA et Akane, tout a fini par prendre forme ! C’est la toute première chanson sur laquelle j’ai participé à la guitare ; elle occupe donc une place très, très spéciale dans mon cœur — po !

■ MISA-san, Akane-san, sur quels points vous êtes-vous penchées ou quels éléments avez-vous vérifiés ?

MISA : J’ai relevé certains détails précis — par exemple : « À cet endroit, la première ou la deuxième corde ne résonne pas bien », ou encore j’ai suggéré des ajustements concernant la justesse ou la manière dont les notes devaient sonner.

Akane : De mon côté, je me suis surtout concentrée sur le rythme et le groove.

Miku Kobato : Elles m’ont fait des retours tout en m’encourageant — po !

MISA : J’ai vraiment pu constater ses progrès et entendre à quel point elle a travaillé dur ; il n’y avait donc pas grand-chose à redire, en fin de compte.

Akane : C’est vrai, il n’y avait pas grand-chose à corriger.

Miku Kobato : Elles me disaient des choses comme : « Tu te débrouilles très bien » ou « Si tu ajustes un tout petit peu ce passage, le rendu sera encore meilleur ». Ça m’a fait tellement plaisir et ça m’a vraiment motivée à travailler encore plus dur — po !

■ L’autre morceau, « Spring ephemeral », détonne un peu par rapport aux titres habituels de BAND-MAID.

Miku Kobato : On s’est fait la réflexion que, chez BAND-MAID, nous avons finalement très peu de chansons qui évoquent d’autres saisons que l’été. Il arrive souvent que des groupes sortent des chansons sur le thème de la remise des diplômes ou du printemps ; on s’est rendu compte qu’on n’avait jamais rien fait de tel. Certes, nous avions déjà des morceaux à l’ambiance « chaleureuse »…

Saiki : Nous avions des chansons qui dégageaient une certaine « chaleur » à l’égard de nos fans, mais rien de comparable à celle-ci.

Miku Kobato : On discutait justement de l’idée de créer une « chanson saisonnière » alors que le printemps approchait. J’ai donc demandé à Kanami-sensei si elle pouvait nous composer un morceau sur ce thème.

■ Quelle est la signification du titre ?

Miku Kobato : « Spring ephemeral » évoque quelque chose comme des « fées du printemps » ; c’est un terme qui désigne ces petites fleurs sauvages, délicates, qui éclosent près du sol au printemps. Je cherchais des idées pour les paroles quand je suis tombée sur ce terme, et il m’a semblé parfaitement approprié. Quand on pense au printemps, on imagine souvent des éléments imposants et très visibles, comme les fleurs de cerisier. J’ai adoré l’idée d’une scène printanière où ces minuscules fleurs lèvent les yeux vers ces cerisiers en fleurs. Il y a une telle beauté et une telle joie dans ces petites fleurs qui finissent par éclore après avoir survécu à l’hiver. Mais elles ne sont pas éternelles : elles ont tendance à disparaître au moment même où les pétales de cerisier tombent. Il y a là une pointe de tristesse et de nostalgie, mais je trouve que cette nature éphémère, passagère, saisit à merveille l’essence même du printemps. C’est pour cela que j’ai choisi ce titre.

■ Alors, Kanami, tu as donc intégré cette vision à la mélodie et à l’arrangement ?

Kanami : Tout à fait. En découvrant le concept, j’ai imaginé le printemps comme une saison chaleureuse, mais empreinte d’une pointe d’amertume ; j’ai donc veillé à faire ressortir ce sentiment poignant, légèrement empreint de tristesse. En même temps, je tenais absolument à ce que le morceau se termine sur une note lumineuse, bien dans le style de BAND-MAID ; c’est donc ainsi que je l’ai conclu. J’ai aussi voulu inclure un passage que tout le monde puisse reprendre en chœur. Certaines de nos chansons sont dans une tonalité si élevée que nos fans — nos « maîtres » — ont du mal à chanter dessus. Cette fois, j’ai donc conçu la mélodie en pensant à une tessiture masculine. J’adorerais que tout le monde se joigne à nous pour chanter en chœur lors de nos concerts ! Le single sort en octobre ; le message que je souhaite transmettre, c’est qu’après le froid de l’hiver, un printemps chaleureux finit toujours par revenir — et que BAND-MAID est là, pensant à chacun avec beaucoup de tendresse.

■ J’ai également perçu une certaine influence du « kayo-rock » (pop-rock japonais) des années 80 ; était-ce intentionnel ?

Kanami : Effectivement, j’avais en tête le « kayo-kyoku » (la pop japonaise classique). J’ai veillé à ne pas trop complexifier la mélodie ni à la surcharger de notes.

■ En laissant ainsi des espaces, tu invites donc les fans — les « Maîtres » et les « Princesses » — à s’approprier ces moments et à compléter la chanson avec vous ?

Kanami : Exactement. Les chansons de BAND-MAID prennent véritablement vie sur scène, et je pense que ce morceau, en particulier, ne révèle toute sa dimension que lorsque les fans y participent. On nous dit souvent que nos chansons sont trop difficiles à chanter (rires) ; j’ai donc fait un effort conscient pour créer quelque chose qui soit, pour le coup, vraiment facile à reprendre.

■ Ce single sort le 28 octobre, juste après votre retour de tournée en Amérique du Nord et juste avant la reprise du volet japonais de la tournée. Et ensuite, place au grand final : deux jours au Nippon Budokan !

Miku Kobato : Ça arrive tellement vite, po ! C’est presque là, po !

Saiki : Waouh, ça y est, on y est. —Le groupe féminin NEK! a été confirmé en première partie pour ces deux soirées. BAND-MAID a aussi connu l’expérience de faire la première partie d’un autre groupe ; ça devait être assez stressant, non ?

Miku Kobato : Oh, on a vécu ça un paquet de fois, po !

Saiki : C’est justement parce qu’on a traversé ces expériences qu’on en est là aujourd’hui. On ne peut jamais vraiment savoir ce que représente une chose tant qu’on ne l’a pas vécue soi-même.

■ Cela dit, ce sera la toute première fois que BAND-MAID se produira au Budokan. Pourriez-vous nous faire part de vos impressions et de votre enthousiasme à l’approche de ces concerts au Budokan ?

Kanami : Après le Budokan, nous ferons une petite pause dans nos concerts — nos « services » — pour nous consacrer à la production. Le fait de ne plus jouer devant vous va sûrement nous manquer, mais nous voulons que cette journée soit une source d’énergie durable ; un souvenir si intense qu’il pourra nous porter pendant longtemps. Nous préparons quelque chose de vraiment incroyable, alors restez à l’affût ! Vous verrez bien.

MISA : En ce moment, nous travaillons sur une nouvelle séquence basse-batterie, et j’ai vraiment hâte de voir comment le public va réagir. On a toujours tout donné, mais pour le Budokan, j’ai bien l’intention de puiser jusqu’à la toute dernière goutte de mon énergie — de tout donner, absolument tout (elle fait un geste des deux mains, comme pour essorer quelque chose). C’est avec cet état d’esprit que j’aborde l’événement.

Akane : Cela faisait longtemps que nous n’avions pas pu effectuer une tournée aussi vaste que celle-ci. Je suis ravie que nous puissions nous produire deux jours au Budokan ; pour nous, c’est l’occasion d’une « revanche » (en référence au concert au Budokan initialement prévu le 11 février 2021, qui avait été annulé en raison de la pandémie de COVID-19). Je veux profiter de chaque instant avec vous tous, conclure cette tournée mondiale en beauté et vous montrer à quel point un avenir radieux nous attend !

Miku Kobato : C’était la première fois que nous passions environ un an à parcourir le monde dans le cadre d’une seule et même tournée. Nous avons accumulé tellement de souvenirs — c’est presque difficile de croire que tout cela ne formait qu’une seule tournée, po ! En nous appuyant sur la dynamique que nous avons construite au cours de l’année écoulée, je suis convaincue que notre concert au Budokan en novembre — que nous façonnerons ensemble, avec vous — sera une expérience vraiment aboutie. J’espère que cette prestation nous permettra non seulement de nous ressourcer et de faire le plein d’énergie pour la suite, mais aussi de partager cette énergie avec vous. Ce sera un moment charnière qui ouvrira la voie à une année 2027 encore plus exceptionnelle. Bien que nous ne donnions pas de concerts l’an prochain, nous ne faisons pas de pause pour autant ; nous continuerons à travailler sur de nouveaux morceaux, et il pourrait même y avoir quelques sorties ! Nous adorons les surprises, alors nous espérons bien vous réserver, en 2027, des choses que vous n’auriez jamais pu imaginer. Nous sommes déjà très enthousiastes et nous réfléchissons à ce que nous pourrions préparer en vue de notre 15e anniversaire en 2028. J’aimerais vraiment que, après notre concert au Budokan, vous vous demandiez tous : « Mais que va-t-il bien pouvoir se passer ensuite !? » J’espère que vous avez hâte d’y être. Comme Akane l’a évoqué, nous visons un « avenir radieux » et nous voulons faire de 2027 une année merveilleuse — en commençant par offrir une prestation parfaite au Budokan.

Saiki : Nous avons eu la chance de retourner dans de nombreux endroits, notamment plusieurs lieux en Europe et à Taipei. Pouvoir croiser des personnes et se dire : « Ça fait tellement d’années ! », c’était un vrai bonheur ; cela m’a rappelé que si nous avons pu nous retrouver, c’est bien parce que nous avons continué à faire vivre BAND-MAID. Nous avons aussi fait énormément de nouvelles rencontres, ce qui me donne le sentiment que l’avenir de BAND-MAID s’annonce très prometteur. Ce genre d’échanges nourrit notre élan créatif et nous aide à saisir le sens profond de nos prestations. Le concert au Budokan ne marque en rien une « fin » ; c’est simplement une étape sur notre chemin. Nous peaufinons actuellement la production de ces deux journées pour garantir une réussite totale et faire en sorte que vous passiez un moment fantastique — alors, préparez-vous ! Il est hors de question que nous nous « épuisions » après le Budokan, et il en va de même pour vous tous — nos « Maîtres », nos « Princesses » et tous ceux qui nous soutiennent — : l’épuisement est formellement interdit ! Je pense que nous aurons une annonce à faire juste après le concert au Budokan, alors restez à l’affût. Et rassurez-vous : nous serons bel et bien de retour pour notre 15e anniversaire, alors préparez-vous ! (rires) Notre tournée mondiale a été pensée en vue de ce 15e anniversaire, et le Budokan fait office de « point de départ » pour nos retrouvailles à cette échéance des 15 ans. Nous tiendrons absolument notre promesse. Vivement la suite !

Vidéo de la séquence photos :